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Samedi 27 octobre 2007

communauté : Poésie française

 

 

            Aujourd'hui, pour la seconde fois , je vais vous faire part de l'un de mes secrets de Jongleur de mots. Avec ce cours, vous saurez poèter même quand l'inspiration vous manque. J'ai appliqué cette "recette" à divers écrits et je pense m'y remettre avec les poèmes que vous avez le plus appréciés. Les résultats risquent d'être surprenant comme ce qui suit.

 

            Je vous en souhaite une bonne lecture, @miTiés

 

 

 

            Ce cours portera sur le Bipoème. Il s'agit de prendre deux poèmes qui sont de même longueur et de même construction et d'en composer deux nouveaux , toujours de même longueur et de même construction, en prenant respectivement un vers alternativement à chaque poème.

 

            Je vous vous invite à lire (ou relire) "La plage" et "La palmeraie" puis "La plameraie" et "La palge" qui en sont issus. Mais, je ne m'en tiens pas là, je vous livre deux poèmes écrits à partir de deux publiés dans le Cycle 2. Ils sont issus de "Passagers" et "Soleil levant". Au fait, il ne faut s'attendre à rien de remarquable(!) avec ces exemples.

  

Soleil sagers

 

Autre monde culture autre

Départ immédiat

L'ancienne terre

 

Dernier appel

Religion plus douce

Vol pour Dakar

 

Tu te perds

Sur l'autoroute du Sud

Je me sens

 

Attention

Fier samouraï

En cacher un…

Tout un univers

 

Voyageurs

Foule qui se presse

Bonne journée

 

Japon

Est gris sombre

En toi je me trouve

 

Pas levant

 

Au quai trois

Oublies ton passé

Vers Bretagne

 

Ici rien n'est pareil

Porte cinq A

Atmosphère différente

 

Embouteillage

J'évolue

Partance en vacances

Chez moi

 

Un train peut

Noble geisha

Passagers

 

Valeurs humaines

Bon trajet

Poids du passé

 

Et le métro

Monde de mon âme

Dans son tunnel

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par Grand Maître Fred, Jedi des mots publié dans : Nouveau style
Lundi 22 octobre 2007

communauté : Les mots dans tous leurs états

           
           
    Des arbres, une échelle pour accéder à la plate-forme de départ ornée de balustrades. Avant, au pied de l'échelle, c'était dix minutes dans le passé, un quart d'heure maximum, un baudrier enfilé, une corde fixée au baudrier, une poulie mise sur le côté droit et un casque enfilé sur la tête. Maintenant, en haut de l'échelle, cinq minutes plus tard à écouter les consignes de sécurité, l'avant semble être une heure plus tôt. Des consignes de sécurité ? Oui pour franchir,-affronter devrais-je écrire-, les câbles, ponts et autres obstacles se dressant entre chaque plate-forme. Parcours du combattant ? Non, parcours de l'aventure version dynamique soit quatorze étapes avant la délivrance. Un regard à droite vers la version découverte, le premier pont de corde est long, très long. Un regard à gauche sur l'autre parcours qui m'attend, le premier filin est plus court. "Plus simple" me dis-je en entendant l'animateur expliquer comment procéder. Nous sommes quatre à suivre ce parcours où force physique, technicité et dextérité sont requises. Les deux hommes sont des habitués de ce genre d'actes, je le devine à la paire de gants d'escalade passée et à la lueur qui brille dans leurs yeux; ma tendre compagne semble détendue et confiante, sa finesse et sa sportivité l'aident; moi je suis gauche, maladroit, malchanceux, cheville gauche affaiblie par une fracture, myope, non sportif mais fou. Fou d'amour pour l'avoir suivie, fou d'esprit pour me lancer dans ce défi et fou tout simplement.

 

            Les explications sont finies, le premier homme se lance sur le câble, le second suit puis ma compagne. Le temps que pose un pied sur le câble, les deux hommes attaquent le deuxième obstacle. Suées, tremblements et vertiges me saisissent, ma ventilation s'accélère, se fait superficielle. Premier obstacle franchi, je reprends mon souffle. Personne derrière moi, les hommes sont sur le troisième et le quatrième obstacle, ma compagne finit le second. Tremblant, je fais appel à ma folie pour me lancer sur la double corde de l'obstacle suivant qui est plus simple. Dans la foulée, j'attaque le pont suspendu qui suit. Mon vertige se passe quand je regarde au loin, repart de plus belle en précipitant mon souffle et accélérant mon cœur quand je regarde vers le bas. Peu à peu, la folie cède face à la peur. Elle capitule définitivement quand le second rondin du quatrième obstacle se met à osciller de droite à gauche ou d'avant en arrière pour moi et la peur m'envahit. Pendant une seconde, j'essaie même de me souvenir de la "Lituanie contre la peur" des Révérendes Mères du Bene Gesserit. Mais, la peur est trop présente et le rondin se balance de plus en plus. Je ne peux le stabiliser, je ne peux bouger tant je crains de tomber et la peur m'entoure, me pénètre, m'envahit, me dévore… "Je ne connaîtrais pas la peur, je…" tente de me secourir et est mis en pièce par la Peur, les peurs et l'angoisse. Suées froides, cœur emballé, souffle court, irrégulier et inutile, je me laisse glisser sur le rondin. Comment m'en sortir ? D'abord, tenter de chasser la Peur mais cela se révèle difficile. Des gens arrivent derrière moi et s'étonnent de me voir ainsi. Ceux qui me précédaient sont loin depuis longtemps et elle est partie, à ma demande, chercher un animateur. Telle une araignée sur sa toile, je le vois arriver en remontant les obstacles avec aisance. Des proches des personnes qui sont derrière moi me parlent gentiment, l'animateur m'explique comment me relever. Je le fais lentement en fermant les yeux et sans trembler. Sans trembler ? Il semble que j'ai consumé la Peur qui me tenaillait intérieurement. Plus de folie, plus de peur, juste de la volonté en moi.

 

            Volonté d'en finir au plus vite. Je discute avec les gens au pied du parcours, ce qui semble me motiver. Je fixe avec détermination l'arbre qui marque la fin du cinquième obstacle et je le franchis assez vite. Rapidement, je m'éloigne des arrivants et avance sur le parcours. Des remarques échangées avec les "spectateurs" me font oublier l'endroit. Ma nature insouciante revient peu à peu, motivée par des paroles superficielles. Je constate que l'Amour ne donne pas d'ailes, sinon je m'envolerais au-dessus de la forêt et que l'Amour ne rend pas aveugle non plus. J'en plaisante et franchis les obstacles avec volonté, volition et détermination. Je n'ais plus qu'un but : descendre de là et retrouver la terre ferme. Et ce que la folie ou l'amour n'ont pu me faire réussir à cause de la peur, l'opiniâtreté me fera avancer. Jusqu'au dernier obstacle qui est une tyrolienne. Et là, le vertige et la peur me saisissent de nouveau. Heureusement, ma compagne m'encourage à me lancer dans le vide et me félicite pour mon courage jusqu'à maintenant. Elle a bien vu que j'étais plus blanc que pâle et plus pâle que blanc dès le début du parcours. Un dernier effort de volonté et je m'élance, je glisse rapidement et me vautre dans le sable d'arrivée. Lentement? Je me lève tremblant. Je suis au bord de l'évanouissement et je n'en peux plus. Je me sens perdu, je regarde les arbres et remercie ma volonté de m'avoir soutenu sur la fin. Voilà, j'ai réussi, je me suis dépassé, surpassé et je me demande si je recommencerais cette aventure. Mais, je sais que par Folie je tenterais de nouveau, que je peux chasser la Peur en la consumant intégralement et que la Volonté me permettra de me surpasser encore.

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par Grand Maître Fred, Jedi des mots publié dans : Nouveau style
Mercredi 3 octobre 2007

communauté : L'écriture dans tous ses états

 

 

            Je n'aurais jamais dû aller dans ce bar hier au soir et encore moins y passer pratiquement toute la nuit. Tout d'abord parce que j'avais d'autres choses plus intéressantes à vivre que cette rencontre avec Yohann et ensuite parce qu'à partir d'une heure du matin, je n'ai plus de métropolitain pour rentrer chez moi. Mais bon, Yohann, mon vieil ami depuis le collège, m'avait tellement parlé de ce nouveau bar, rendez-vous d'anciens routards et de nouveaux artistes, que je n'ai pu lui dire non. En plus, quand le téléphone a sonné, je ne m'attendais pas à ce qu'il allait m'annoncer. Je savais que Yohann et Chloé connaissaient quelques problèmes de couples et aussi de travail.

 

                        - Bonsoir ?

 

- Salut Igor. T'es libre ce soir ?

 

                        - Pas vraiment Yohann. Pourquoi ?

 

                        - Faut que je te parle, j'ai besoin de tes conseils. On pourrait aller au Burrito Bar, y'a une soirée swapique.

 

                        - Je serais plus libre demain. Là, j'ai du boulot pour l'association que je monte.

 

                        - C'est vraiment urgent. Demain, je ne serais sans doute plus là…

 

                        - Comment ça ? Tu vas pas te suicider ?

 

                        - Non, je pars pour Reims. Un rendez-vous important. C'est de ça que je veux parler, tu me conseilleras.

 

                        - OK. On se retrouve où ?

 

                        - Devant le Burrito Bar. T'as l'adresse, je crois.

 

                        - Oui. J'y serais dans une heure.

 

                        - C'est parfait pour moi.
Num--riser0010.jpg

 

    Devant le bar, à attendre Yohann, je commençais déjà à regretter d'avoir accepté son invitation. Non pas le rendez-vous par lui-même, mais le lieu du rendez-vous. La façade du bar donnait tout de suite le ton. Surtout la face avant du combi VW sur le côté gauche de l'enseigne avec sa plaque d'immatriculation inscrite du mot "Imagine". Le nuage moutonnant s'échappant du combi et les fleurs le parsemant complétaient le décor psychédélique que quelques habitués rendaient vivants. Parmi les habitués, j'aperçus un homme à face de lune. Quand je dis "à face de lune", je veux dire que ce visage avait la forme d'une lune. Je n'eus pas le temps de m'intéresser de plus près à cet individu puisque Yohann fit son apparition au moment où l'homme-lune faisait sa disparition dans le bar. Mon ami m'entraina à l'intérieur et me guida vers le fond de l'établissement, dans une petite alcôve. A peine installés, un serveur en tenue de groom nous apporta deux verres remplis d'un liquide brun ainsi qu'une pipe à eau et son tabac.

 

Yohann, qui n'avait pas encore prononcé un mot, leva son verre vers moi et en prit une grande gorgée. Je fis de même et faillis m'étouffer avec tellement le goût en était particulier.

 

            - Alors, ça arrache ?

 

            - Qu'est-ce que c'est ? lui demandais-je.

 

            - Une boisson d'Asie. Mais, on est pas là pour parler de ça. Je suis sur un projet particulier et j'ai besoin de ton regard.

 

            - Bon, je t'écoute.

 

Et Yohann se mit à me parler de l'idée que Chloé avait eu pour se créer un emploi en ouvrant une société. Alors qu'il m'expliquait les tenants et aboutissants, il se mit à fumer sur la pipe à eau, à me faire passer le tuyau et à commander d'autres boissons pour nous humidifier le gosier. Je lui donnais mon avis, lui transmis des informations sur les sujets que je connaissais et lui apporta mes conseils et mes critiques. Plus la nuit avançait, plus nous discutions en buvant des liquides bizarres et en fumant des tabacs étranges. A un moment, sur la scène, les habitués et des débutants se mirent à pratique le swap artistique. Entre les élucubrations professionnelles de Yohann et les délires swapiques, les alcools des boissons et les hallucinogènes de la pipe à eau, mon esprit parti à la dérive et mon corps s'égara dans une dimension parallèle. Quand l'homme-lune se mit à déclamer ses vers et ses sons, je perdis toute notion du temps.
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    Une aube rosée éclaira l'intérieur du bar par la fenêtre encrassée. Un rai de lumière frappa mes paupières et me tira du monde où j'avais trouvé refuge. Il était encore là sur la scène, le dernier à swaper face à une poignée d'auditeurs au seuil du sommeil. Yohann avait disparu, me laissant sur la table de quoi régler la note et un mot en remerciement de mes conseils. Vu l'heure, je n'avais plus qu'à rentrer à pied jusqu'à mon domicile pour tenter de récupérer de cette nuit de folie. Je sortis du Burrito Bar et me dirigea vers mon quartier. Pas une âme en vue, pas de taxi non plus. Un bon quart d'heure de marche avant de retrouver mon lit. Au premier carrefour, j'eus un choc. L'homme qui sortait du téléphone me parut vivant et je fis un pas sur le côté avant de réaliser qu'il s'agissait de la statue se trouvant à l'orée du Centre d'affaires de la ville. A la lumière blafarde de l'aube, il paraissait bien vivant et prêt à se mettre en mouvement. Je passais à côté de lui quand un téléphone se mit à sonner. Je n'avais pas pris mon portable et il n'y avait personne à l'horizon. Je vis le bras de l'homme se tendre, décrocher le combiné de la cabine et parler. Vertige, je ferme les yeux et les ouvre. Il me fait un petit signe de la main et me dit :

                        - La gare est bien à droite ?

            Avant que je réagisse, il avait ramassé sa mallette et son pardessus. De nouveau, je fermais les yeux.
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    Quand je les ouvris de nouveau, je m'aperçus que j'avais avancé de quelques mètres. Je me retournais vers la statue pour m'apercevoir que la cabine était vite et que le businessman avait disparu. Il me sembla l'apercevoir à l'angle de la rue.

                        - C'est à droite, pas à gauche, pour la…

Je pris conscience que je parlais dans le vide. Et que j'étais à quelques mètres de la résidence où je logeais. Je ne m'étais pas aperçu que j'avais avancer et que le soleil grattait le haut des immeubles. Vraiment, je ne savais pas ce que j'avais consommé et je me dis que je le demanderais à Yohann dès que possible. Je levais les yeux vers mon chez moi et me demanda comment rejoindre au plus vite mon appartement. Franchement, mon esprit était plus que perturbé par les produits découverts durant la nuit. Stupéfiant ce que l'être humain pouvait créer comme produit pour se détruire au lieu de se protéger. Stupéfiant que j'avais consommé sans aucune modération pour en arriver à ce point là. Me demander comment rejoindre mon domicile alors qu'il me suffisait de prendre l'ascenseur.
DSCF0028.JPG

            Et pourtant, là-haut, tout là-haut, sur la droite, j'apercevais la fenêtre de ma chambre. Et derrière le lit que je désirais tant rejoindre. Composer le code, pousser la porte, traverser le hall et appuyer sur le bouton d'appel de l'ascenseur me semblait au dessus de mes forces. Je fermais les yeux et je me vis dans mon lit, heureux. J'ouvris les yeux, presque découragé par tout ce qui me restait à faire avant de me retrouver dans cette situation. Mais là, à la fenêtre se trouvait l'homme-lune qui me fit un petit signe. Le lit bien bordé me tenait chaud et me berça pour m'endormir. Stupéfiant les effets des stupéfiants sur mon cerveau.

 

Je n'aurais jamais dû aller dans ce bar hier au soir et encore moins y passer pratiquement toute la nuit. Tout d'abord parce que j'avais d'autres choses plus intéressantes à vivre que cette rencontre avec Yohann et ensuite parce qu'à partir d'une heure du matin, je n'ai plus de métropolitain pour rentrer chez moi. Stupéfiante cette soirée et mes rencontres. Le lendemain, après presqu'une journée et une nuit complète de sommeil, la statue du businessman avait retrouvé sa place dans la cabine téléphonique. Je n'ai jamais revu l'homme-lune, je ne suis jamais retourné au Burrito Bar qui a fermé trois mois plus tard. Je n'ai jamais su ce que nous avions consommé durant cette nuit. En fait, j'ai revu Yohann près de trente plus tard alors qu'il venait recevoir la légion d'honneur. Son projet fou avait réussi au-delà de ses espérances. Et pour me remercier de mes conseils, il m'offrit un tour du monde, mon rêve de toujours.


N B : Texte écrit par à-coup dans la matinée et fini vers 13H00 ce jour, juste pour ce blog.

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par Maître Fred, Jedi des mots publié dans : Nouveau style

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